Écosystèmes

L’univers du bâti s’est très souvent vu opposé à celui du végétal. Au cours des différentes périodes de densification des villes, la composition des espaces verts, leur symbolique, mais aussi leurs rôles ont largement évolué. Du tableau naturaliste au jardin romantique, la plupart des conceptions urbaines des espaces verts ont en commun la distinction claire de deux mondes : la pierre d’un côté, le vivant de l’autre.

La ville multi-strates, Ré-inventer Paris (17e)

Plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui dans les villes – ce chiffre pourrait atteindre les deux tiers d’ici 2050. La densification des zones urbaines et leurs extensions périphériques modifient fortement les paysages et les modes de vie. Les espaces végétalisés sont pensés comme des éléments incontournables de l’urbain, maintenant une présence forte de la nature dans un milieu construit par l’hom­me. Ils permettent ainsi aux villes denses de conserver une qualité de vie.

Pensée comme un vaste milieu vivant, la ville contemporaine pourrait ainsi proposer une fusion de ses composants classiquement séparés que sont le végétal et le bâti. Les superpositions et l’interaction de ces deux éléments peuvent être génératrices de nouvelles intensités urbaines, où le construit est à la fois abri pour l’homme et support d’un monde vivant, dès la conception. Outre l’intérêt environnemental, ce rapprochement nous stimule en tant que système car il permet de créer des milieux favorisant les échanges sociaux autour de la nature et de la biodiversité. C’est aussi pour nous un nouvel outil de fabrication du projet qui fait évoluer la conception des éléments architecturaux fondateurs, tels que la toiture ou la façade qui, par leur fonction supplémentaire, deviennent générateurs d’une nouvelle expressivité.

La ville multi-strates, Ré-inventer Paris (17e)

Dans la cadre de la consultation « Réinventer Paris », le projet de couverture du périphérique accueillant un ilot mixte porte des Ternes  est conçu comme un îlot dynamique qui invite à des modes de cohabitation inédits. Il est à la fois un sol nouvellement crée (franchissement du périphérique), une expérience botanique (agriculture urbaine) et un projet pédagogico-social (rapprochement de plusieurs populations autour d’activités). L’opération raccorde deux rives, Paris et Neuilly, en couvrant le périphérique avec un « paysage-pont ». Cet ouvrage, autonome dans sa structure, accueille des bâtiments de logements et de bureaux en structure légère, modifiables dans le temps. Un tel choix permet d’accompagner le renouvellement naturel de la ville selon l’évolution des besoins, des programmes, des usages. Les toitures plantées, reliées par trois passerelles, accueillent des potagers et un champ de thé qui donnera naissance au premier grand cru parisien transformé et vendu sur place. L’école horticole située au rez-de-chaussée propose des formations à tous les riverains, notamment aux habitants de l’îlot qui aménagent et entretiennent eux-mêmes leur terrasse plantée.

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