Coefficient d’Occupation de la Biodiversité (COB)

 

 

 

* Coefficient d’Occupation des sols
** Coefficient d’Occupation de la Biodiversité

 

Conçu à l’occasion de la consultation « Réinventer Paris », l’aménagement de la parcelle du 183 rue Ordener est un projet manifeste qui teste les limites de la proximité entre l’homme et la nature en milieu urbain.
Alors que Paris possède un patrimoine écologique très riche, on constate une certaine irrégularité dans sa répartition géographique. Le 18e arrondissement fait partie des six arrondissements les moins végétalisés, les mêmes qui accueillent également la plus importante densité de population de la capitale. De plus, cet arrondissement présente un grand nombre d’espaces verts ne totalisant que 3% de son territoire. Un effet de « persillage » caractérise ainsi ce quartier, dans lequel la végétation se retrouve morcelée, comme compressée par le bâti.

Sur cette étroite parcelle, le projet prévoit la construction d’une vingtaine de logements et d’une crèche. Un mur pignon haut de 28 mètres borde le site. Son inconstructibilité constitue une forte contrainte dans l’aménagement. Pourtant cette surface est en réalité une opportunité, permettant une réflexion sur le devenir de ces lieux urbains délaissés.
Ici, le mur se transforme en un support vivant qui accompagne le riverain tout au long de son cheminement vers le cœur d’îlot. Des escaliers donnent accès à des passerelles et terrasses plantées qui s’accrochent à ce mur pignon comme autant d’«étagères» végétales. Le jardin ainsi créé est un paysage suspendu et accessible à plusieurs étages au-dessus du sol. Le mur pignon est habillé par une structure qui accueille la biodiversité à travers une série de terrasses plantées et un réseau tridimensionnel, démultipliant les surfaces colonisables par la végétation et le vivant.

 

 

 

S’appuyant sur le principe des continuités écologiques à l’échelle territoriale, le projet est envisagé comme une expérimentation, qui pourrait se décliner en paradigme sur une multitude de sites. À l’image d’une fractale, sa mise en place implique une réflexion à différentes échelles: celles de l’habitant, de l’îlot, de la ville… Pour appuyer une démarche prospective, nous avons proposé, lors de ce concours, la mise en place d’un nouvel outil réglementaire permettant à la Ville de mesurer la densité de biodiversité présente sur une parcelle. À l’image du coefficient d’occupation des sols (COS) aujourd’hui disparu, on établirait, par un calcul simple, un rapport entre la surface végétalisée et la surface de la parcelle. Le rapport serait de 1 lorsque la parcelle est totalement végétalisée (au sol) et diminuerait lorsque la surface bâtie augmente. En revanche, sur une parcelle densément construite, ce coefficient pourrait augmenter à nouveau, le calcul prenant en compte tous les types de surfaces «végétalisables» (murs, toitures, terrasses…). Ce dispositif permettrait d’intégrer les espaces délaissés à une réflexion globale d’innovation sur la végétalisation du bâti.
Associé à un plan local d’urbanisme, le coefficient d’occupation de la biodiversité (ou COB) s’adapterait en fonction des quartiers carencés en espaces verts. Un rééquilibrage naturel pourrait alors se mettre en place, modifiant le paysage de la ville mais aussi notre regard sur cette nouvelle densité.

 

 

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